Archives mensuelles : octobre 2015

La Russie, nouveau leader mondial des diamants synthétiques ?

Quand progrès technique rime avec diamant synthétique

Le nouveau Centre de Technologie du Diamant de Saint-Pétersbourg a récemment annoncé un record de croissance dans le secteur de ses diamants synthétiques. C’est en effet en Mars dernier que le directeur technique de la société, Alexandre Kolyadin, a présenté l’un des plus gros diamants synthétiques jamais réalisés et en un temps record. Ce diamant de 32.26 carat est la preuve irréfutable que la technologie russe en matière de diamant synthétique est des plus avancées. Aussi Kolyadin a-t-il annoncé que la société se consacrera davantage aux techniques de création de diamants synthétiques plutôt qu’à l’industrie des diamants polis.

Le record du plus gros diamant synthétique reste néanmoins établi par le laboratoire de recherche de De Beers en 1993 qui a créé un diamant jaune de 34.80 carats, de type Ib. Les chercheurs de cette société y ont travaillé plus de 600 heures pour obtenir ce diamant jaune qualifié de « non gemme » en raison des nombreuses inclusions métalliques présentes dans la pierre.

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La qualité au centre des laboratoires russes

Le diamant du centre de Saint-Pétersbourg a été créé en moins de 300 heures et classé de type IIa. Il s’agit d’un diamant incolore de qualité supérieure sans présence d’azote dans la pierre. Certains experts affirment par ailleurs que ce diamant synthétique « brut » peut être taillé en un diamant de 7,5 à 8,5 carats de couleur D à F et de pureté VS.

Jusqu’à ce jour, le seul diamant synthétique créé et qualifié de qualité gemme pesait 3,04 carats, était de couleur I et de pureté SI1. Ce diamant était l’œuvre du laboratoire Gemesis qui a estimé ce diamant à plus de 23 000 dollars.

Les laboratoires de Russie spécialisés dans les diamants synthétiques ne cessent d’enregistrer de nouveaux records, dont le dernier est un diamant synthétique de 20,69 millimètres de longueur, sur 17,3 millimètres de largeur et 11,80 millimètres de hauteur. Les laboratoires russes ont ainsi testé des technologies expérimentales permettant d’obtenir un diamant synthétique dont 75% de la pierre sont de qualité gemme.

Le laboratoire de Saint-Pétersbourg a été créé en 2014 par Inreal, l’un des leaders du marché des diamants industriels russes. L’objectif de cette entreprise est de produire en grande quantité des diamants synthétiques de types IIa et IIb. Elle possède entre autres 30 des plus puissantes machines à haute pression mondiales qui permettent notamment de réaliser des diamants synthétiques selon la méthode HP-HT.

diamant synthetique

Une avancée risquée ?

Si le marché des diamants synthétiques ne cesse de progresser, il ne doit pas devenir une menace pour le marché des diamants naturels. En effet, depuis quelques mois, les diamantaires et les sociétés minières tentent de contrôler davantage leurs produits et d’assurer une transparence certaine de leurs diamants. Mais avec les différents problèmes liés à l’insertion des diamants synthétiques sur le marché des diamants naturels de façon illégale, les acteurs du marché mondial des diamants naturels restent sceptiques. Mais Kolyadin, qui est aussi le Directeur d’Inreal, tient à préciser que les diamants synthétiques sont loin de remplacer les diamants naturels. Selon lui, « les entreprises capables de créer de tels diamants synthétiques ne dépassent pas la dizaine. En outre, le taux de croissance moyen des pierres cultivées en laboratoire est assez lent et représente environ 5 jours complets pour un diamant synthétique atteignant au moins 1 carat. Enfin, les capacités de production mondiales des diamants synthétiques sont très limitées et très contrôlées ».

Par ailleurs, les diamants synthétiques sont destinés à être utilisés dans des domaines où les diamants naturels sont incompétents. Ainsi, les diamants synthétiques, ultra résistants, peuvent supporter des environnements agressifs et extrêmes. Leur utilisation pourrait révolutionner les domaines de l’optique, de l’électronique, de la robotique, de l’industrie aérospatiale mais également des technologies de l’information (les TIC).

Le Diamant, l’Incontournable du Mariage

Bague de fiançailles Gumuchian

Bague de fiançailles Gumuchian

Quand mariage rime avec pavage

Le mariage est le symbole d’une union commune entre deux époux qui se jurent amour et fidélité pour l’éternité. Aussi, l’échange des alliances est-il le moment fort de cet événement qui lie de même les époux à leur alliance sertie de diamants. Depuis plusieurs siècles, le solitaire en diamant représente ainsi la bague de fiançailles qui sera alors accompagnée d’une alliance pavée de diamants. Mais si les bagues serties de diamants sont toujours incontournables pour la célébration des épousailles, l’évolution des sociétés a engendré un changement certain sur le marché traditionnel du diamant.

Le diamant et les nouvelles technologies

Selon de nombreuses études, l’industrie de la joaillerie doit une grande partie de son chiffre d’affaires à la réalisation de bagues de fiançailles et d’alliances. Ainsi, aux États-Unis, le marché du mariage représente près de 58 milliards de dollars chaque année. Si depuis plusieurs années le nombre de mariages a tendance à diminuer, le chiffre d’affaires qu’il représente tend à rester constant. Cela s’explique notamment par le pouvoir d’achat des couples qui dépensent davantage pour les bagues de fiançailles et les alliances qu’auparavant.

La croissance du budget alloué à l’organisation des mariages est également accompagnée d’un besoin croissant de se différencier d’autrui. Ainsi, on observe depuis quelques temps une demande dans la réalisation et la conception de bijoux diamants sur-mesure de plus en plus originaux.
Tous ces changements sont dus en grande partie à l’évolution rapide des nouvelles technologies qui permettent aujourd’hui de naviguer sur plusieurs sites de joaillerie et de comparer les produits mais aussi les prix. Par ailleurs, les réseaux sociaux ouvrent la porte à l’imagination et l’individualisation. Le partage d’informations et d’expérience permet aux consommateurs de cibler encore plus précisément leurs envies et leurs besoins notamment lors de ces événements qu’ils souhaitent organiser sans commune mesure avec leurs amis.

Des pierres précieuses qui n’ont plus aucun secret pour les nouveaux consommateurs

Ces nouvelles générations sont à l’origine de l’apparition d’une nouvelle catégorie de consommateurs : les consommateurs instruits. L’individualisation est amplifiée par cet accès à l’information gratuite et instantanée. Ainsi, lorsque les futurs époux entrent dans une bijouterie pour choisir leurs alliances, ils ont en général un choix bien arrêté et se sont renseignés au préalable sur les caractéristiques des bijoux diamants qu’ils souhaitent pour leur mariage. Le rôle des bijoutiers a donc changé et ils ont dû s’adapter à cette nouvelle clientèle exigeante.

On retrouve cette tendance lorsqu’il s’agit également de choisir une pierre précieuse. Les nouveaux consommateurs de diamants par exemple sont capables de connaître les principales caractéristiques d’un diamant et de se positionner sur une catégorie de pierres en particulier qui correspondent au budget qu’ils souhaitent accorder à cet achat. Ainsi, les 4C n’ont plus aucun secret pour eux et les gemmologues et diamantaires ne peuvent que les conseiller et les guider en présélectionnant des pierres susceptibles de les intéresser.

se fiancer en chiffres, graphique

Des tendances qui guident les codes du mariage

Cette dynamique des nouvelles générations participent à l’évolution positive du marché de la joaillerie et des pierres précieuses. En effet, pour répondre aux besoins de ces nouveaux consommateurs, les diamantaires et gemmologues comme les joailliers travaillent constamment sur des innovations qui permettent de moderniser l’un des segments les plus anciens de l’industrie du bijou.

Si les solitaires diamants ne se démodent pas, les hommes qui préparent leur demande en mariage deviennent de plus en plus exigeants en termes de qualité. Si le poids du diamant en carat reste important, il n’est plus le principal facteur de choix. En effet, la pureté et la couleur de la pierre priment sur sa taille et déterminent à l’avance la sélection faite par le futur mari. En ce qui concerne la forme des solitaires, les diamants ronds restent la forme phare aux côtés des diamants « coussins » et « princesses ». Mais ce besoin d’individualisation et d’originalité tend à pousser les autres formes de diamants plus « vintage ». Les diamants « poires » et « ovales » permettent ainsi de donner un look plus moderne à l’anneau traditionnel de la bague de fiançailles. En revanche les diamants blancs ne sont pas détrônés par les diamants de couleurs ou les autres pierres de couleur. Les pierres de couleur sont de plus en plus demandées mais dépendent des modes et des tendances lancées par les célébrités. Par exemple, depuis le mariage de Kate Middleton et du Prince William, les bagues serties de saphirs ont fait l’objet d’un certain engouement durant les mois qui ont suivi.

Bague de fiançailles Jade Trau

Bague de fiançailles Jade Trau

Les métaux précieux, victimes de la mode

Si les pierres précieuses connaissent un changement notable dans l’industrie du bijou, les métaux précieux qui les accompagnent s’adaptent davantage aux nouveaux besoins des consommateurs désireux de se différencier par les bijoux diamants qu’ils ont pu imaginer et créer. Si l’or blanc et le platine restent les métaux favoris pour les bagues de fiançailles ou les alliances, l’or jaune et l’or rose sont de plus en plus utilisés dans les services de joaillerie sur-mesure. Les bijoux imaginés et conçus par les consommateurs laissent libre court aux différents choix de combinaison d’ors et de pierres précieuses. Ainsi, si le platine est synonyme de qualité pour une bague sertie de diamants, les ors jaune, blanc et rose s’associent davantage pour créer un bijou d’une parfaite originalité.

Si l’on s’intéresse aux bagues des hommes, ces derniers optent en général pour une alliance en or blanc ou en or jaune. Les alliances hommes sont rarement serties de pierres précieuses. Toutefois, les métaux comme le titane ou le carbone commencent à faire concurrence à l’argent et à l’or blanc. Les hommes ont aussi pris conscience qu’il est possible pour eux d’imaginer un bijou qui leur ressemble et que la joaillerie sur-mesure n’est pas seulement réservée aux femmes.

Bague de fiançailles Simon G

Bague de fiançailles Simon G

Un nouveau marché pour la joaillerie sur-mesure

Enfin, l’industrie des bijoux diamants doit une part de son succès récent à la légalisation du mariage homosexuel. En effet, beaucoup de couples de même sexe se sont mariés dès l’adoption de la loi. Ainsi, le marché des bagues de fiançailles et des alliances a connu un boost puisque ces mariages viennent s’ajouter aux mariages de couples hétérosexuels. Outre le côté économique, le mariage homosexuel permet à l’industrie du bijou de créer de nouvelles collections. Par exemple, un mariage entre deux hommes permet à l’un des deux de concevoir une bague sertie de diamants sans toutefois porter un solitaire diamant. De même, les époux de même sexe souhaitent personnaliser davantage leurs alliances et y apportent leur touche personnelle en optant pour une gravure spéciale ou le sertissage d’une petite pierre précieuse qui symbolise leur parcours personnel.

Plus atypique, certains couples homosexuels optent pour la demande en fiançailles avec une montre par exemple, puis ils viennent choisir ensemble leurs alliances.

Bague de fiançailles Efva Attling

Bague de fiançailles Efva Attling

En conclusion, les codes du mariage et les styles des bijoux diamants évoluent au gré des générations. Toutefois, les pierres précieuses ne cessent d’accompagner les demandes en fiançailles et les mariages et deviennent incontournables. C’est pourquoi les époux accordent de plus en plus d’importance aux caractéristiques des diamants, des rubis, des saphirs ou des émeraudes qu’ils souhaitent voir sertis sur des bijoux conçus par leur propre soin afin qu’ils symbolisent leur union et leur amour de la façon la plus personnalisée qui soit.

couple de mariés avec un gâteau

Disparition de Michael Cohen, président de l’IDE

Les Diamants d’Israël pleurent l’Ancien Président de l’IDE

michael cohen, président de l'IDE

L’industrie Israélienne du diamant porte depuis quelques jours le deuil de Michael Cohen, un grand homme dans l’histoire des diamants d’Israël. En effet, Monsieur Cohen, qui fut l’ancien directeur général de la Bourse du Diamant d’Israël (IDE), est décédé à l’âge de 97 ans.

Né en 1918, il a été l’un des principaux fondateurs de l’industrie israélienne du diamant. C’est ainsi qu’en 1937 la première entreprise spécialisée dans la taille de diamant à vue le jour. Depuis, l’industrie du diamant d’Israël n’a cessé de progresser et Michael Cohen a une nouvelle fois encouragé ce progrès par sa participation active aux négociations nécessaires à la fondation d’une bourse du diamant. Dès 1952 le Diamond Club de l’Etat d’Israël a fusionné avec la Bourse du Diamant pour devenir la Bourse du Diamant d’Israël dont Michael Cohen a été le Directeur Général jusqu’en 1978.

Son fils précise que depuis sa participation à la création de la Bourse du Diamant, Michael Cohen a également permis de faciliter le transfert de la place de l’industrie du diamant d’Israël du Sud de Tel-Aviv à Ramat Gan où se situent aujourd’hui les 2800 entreprises diamantaires assurant leur activité sous le contrôle de l’IDE.

L’industrie israélienne du diamant dit donc au revoir à l’un de ses fondateurs auquel elle doit une grande partie de son succès international actuel.

world diamond center en israël