La Russie, nouveau leader mondial des diamants synthétiques ?

Quand progrès technique rime avec diamant synthétique

Le nouveau Centre de Technologie du Diamant de Saint-Pétersbourg a récemment annoncé un record de croissance dans le secteur de ses diamants synthétiques. C’est en effet en Mars dernier que le directeur technique de la société, Alexandre Kolyadin, a présenté l’un des plus gros diamants synthétiques jamais réalisés et en un temps record. Ce diamant de 32.26 carat est la preuve irréfutable que la technologie russe en matière de diamant synthétique est des plus avancées. Aussi Kolyadin a-t-il annoncé que la société se consacrera davantage aux techniques de création de diamants synthétiques plutôt qu’à l’industrie des diamants polis.

Le record du plus gros diamant synthétique reste néanmoins établi par le laboratoire de recherche de De Beers en 1993 qui a créé un diamant jaune de 34.80 carats, de type Ib. Les chercheurs de cette société y ont travaillé plus de 600 heures pour obtenir ce diamant jaune qualifié de « non gemme » en raison des nombreuses inclusions métalliques présentes dans la pierre.

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La qualité au centre des laboratoires russes

Le diamant du centre de Saint-Pétersbourg a été créé en moins de 300 heures et classé de type IIa. Il s’agit d’un diamant incolore de qualité supérieure sans présence d’azote dans la pierre. Certains experts affirment par ailleurs que ce diamant synthétique « brut » peut être taillé en un diamant de 7,5 à 8,5 carats de couleur D à F et de pureté VS.

Jusqu’à ce jour, le seul diamant synthétique créé et qualifié de qualité gemme pesait 3,04 carats, était de couleur I et de pureté SI1. Ce diamant était l’œuvre du laboratoire Gemesis qui a estimé ce diamant à plus de 23 000 dollars.

Les laboratoires de Russie spécialisés dans les diamants synthétiques ne cessent d’enregistrer de nouveaux records, dont le dernier est un diamant synthétique de 20,69 millimètres de longueur, sur 17,3 millimètres de largeur et 11,80 millimètres de hauteur. Les laboratoires russes ont ainsi testé des technologies expérimentales permettant d’obtenir un diamant synthétique dont 75% de la pierre sont de qualité gemme.

Le laboratoire de Saint-Pétersbourg a été créé en 2014 par Inreal, l’un des leaders du marché des diamants industriels russes. L’objectif de cette entreprise est de produire en grande quantité des diamants synthétiques de types IIa et IIb. Elle possède entre autres 30 des plus puissantes machines à haute pression mondiales qui permettent notamment de réaliser des diamants synthétiques selon la méthode HP-HT.

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Une avancée risquée ?

Si le marché des diamants synthétiques ne cesse de progresser, il ne doit pas devenir une menace pour le marché des diamants naturels. En effet, depuis quelques mois, les diamantaires et les sociétés minières tentent de contrôler davantage leurs produits et d’assurer une transparence certaine de leurs diamants. Mais avec les différents problèmes liés à l’insertion des diamants synthétiques sur le marché des diamants naturels de façon illégale, les acteurs du marché mondial des diamants naturels restent sceptiques. Mais Kolyadin, qui est aussi le Directeur d’Inreal, tient à préciser que les diamants synthétiques sont loin de remplacer les diamants naturels. Selon lui, « les entreprises capables de créer de tels diamants synthétiques ne dépassent pas la dizaine. En outre, le taux de croissance moyen des pierres cultivées en laboratoire est assez lent et représente environ 5 jours complets pour un diamant synthétique atteignant au moins 1 carat. Enfin, les capacités de production mondiales des diamants synthétiques sont très limitées et très contrôlées ».

Par ailleurs, les diamants synthétiques sont destinés à être utilisés dans des domaines où les diamants naturels sont incompétents. Ainsi, les diamants synthétiques, ultra résistants, peuvent supporter des environnements agressifs et extrêmes. Leur utilisation pourrait révolutionner les domaines de l’optique, de l’électronique, de la robotique, de l’industrie aérospatiale mais également des technologies de l’information (les TIC).

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