Les Diamants Synthétiques : Le Retour

L’histoire semble se répéter puisque les diamants traités en laboratoire, autrement dit les diamants synthétiques, font encore parler d’eux. En effet, près de 110 pierres ont été découvertes à Gujarati, la ville industrielle du Surat. Cette découverte a eu lieu juste après la rencontre entre L’Association des Diamants de Surat (ADS) et le Conseil de Promotion des Exportations de Pierres et de Bijoux (CPEPB), destinée à promouvoir et étendre les techniques de détection des diamants traités en laboratoire auprès des fabricants et négociants de diamants.

Une réaction qui ne se fait pas attendre

Si cette découverte est inattendue, elle n’en est pas moins surprenante car depuis quelques temps déjà, des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux dénoncent un certain nombre de sociétés diamantaires indiennes impliquées dans un trafic de diamants synthétiques. En effet, ces sociétés seraient accusées de mélanger des lots de diamants traités en laboratoire à des lots de diamants naturels et ainsi d’importer des pierres illégales sur le marché mondial du diamant.

carte de l'état du gujarat

De ce fait, l’Association des Diamants de Surat et le Conseil de Promotion des Exportations de Pierres et de Bijoux ont mis en garde les sociétés suspectées d’agir ainsi et les ont informées qu’elles feraient l’objet de poursuites judiciaires si elles continuent leurs ventes illégales de diamants synthétiques.

Cette polémique suscite une vive réaction du président du CPEPB, Vipul Shah, puisqu’il déclare dans le journal Le Monde d’Inde : « Certains individus sans scrupule ont fait d’importants ravages dans l’industrie du diamant… Ce sont des actes calculés dont l’unique but est de ternir l’image des industries de pointe de diamant. Nous demandons vivement aux diamantaires Indiens ainsi qu’à l’ensemble de l’industrie mondiale du diamant de se tenir à l’écart de ces rumeurs et pratiques ».

De même, le président de l’ADS, Dinesh Navadia, confirme les propos de Vipul Shah puisqu’il précise que : « Nous voulons que le gouvernement établisse une loi spéciale permettant d’interdire et donc de punir ces pratiques illégales afin de dissuader quelconque individu de se livrer à de telles activités« .

Une inspection prise au sérieux

Depuis, de nombreuses régions en Inde où transitent d’importantes quantités de diamants HPHT (cf. précédent article sur les diamants synthétiques) sont inspectées au peigne fin et notamment Gujarat et les régions du Nord. En effet, c’est là que se situent les principales sociétés privées de taille de diamant qui atteindraient un effectif de 4 000 petites et moyennes entités qualifiées dans le traitement des diamants synthétiques.

carte de l'inde

Toutefois il ne faut pas confondre ces sociétés qui ne font que tailler et polir les diamants traités en laboratoire avec les sociétés qui fabriquent et qui vendent ces pierres. Car hormis les experts, il est très difficile de différencier à l’œil nu un diamant synthétique d’un diamant naturel. En revanche si un diamant synthétique a été identifié lors du polissage ou de la taille alors qu’il n’a pas sa place ici, il en va de la responsabilité de la société d’en informer les acteurs du marché diamantaire. Car un diamant synthétique acheté par un diamantaire qui le revend tel quel pensant qu’il s’agit d’un diamant naturel peut faire du tort à l’ensemble des sociétés diamantaires qui s’attachent à respecter la transparence de leurs produits.

Vers un nouveau marché des diamants ?

Il serait donc temps de cesser ces pratiques illégales consistant à introduire les diamants synthétiques sur le marché des diamants naturels et de commencer à présenter ces diamants traités pour leurs qualités et leurs caractéristiques qui peuvent palier certains points négatifs des diamants naturels. Il faudrait donc créer deux marchés diamantaires distincts afin que tous les acteurs puissent en tirer un meilleur profit.

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